La chaleur est lourde sur le continent. L'Union européenne cherche à réduire son déficit commercial historique avec la Chine d'ici le mois d'octobre. Pourtant, la pire vague de chaleur jamais enregistrée sur le territoire pousse les importations de climatiseurs chinois vers des sommets inédits. C'est une contradiction flagrante qui montre la difficulté pour Bruxelles de redresser la balance avec Pékin.
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Subscribe Sekarang →Selon un communiqué conjoint publié lundi, les deux puissances économiques affichent une volonté rare de rééquilibrer leurs échanges et de traiter les questions d'accès au marché. Les différends sur les déséquilibres commerciaux, les contrôles à l'exportation et la propriété intellectuelle doivent déboucher sur des "résultats tangibles" avant l'automne.
D'après Maros Sefcovic, le chef du commerce de l'Union européenne, un groupe de travail bilatéral va être mis en place pour surveiller les flux de marchandises. Sefcovic s'est entretenu avec Wang Wentao, le ministre chinois du Commerce. Pékin a donné des "assurances" que les contrôles actuels sur les exportations de terres rares et d'aimants permanents ne viendraient pas perturber les chaînes d'approvisionnement européennes.
Le gouvernement chinois reste ferme. Pékin a clairement indiqué qu'il n'hésiterait pas à répliquer contre toute nouvelle restriction commerciale européenne visant à lutter contre la surcapacité de production. La tension est palpable alors que les discussions s'intensifient.
Le moment choisi pour ces négociations s'avère délicat. La rencontre à Bruxelles s'est tenue alors qu'une canicule historique force les Européens à se ruer sur les appareils de climatisation. L'Europe a longtemps rejeté cette technologie, jugée trop bruyante, inesthétique pour les façades architecturales et superflue face à des étés courts. De plus, Bruxelles craint que l'adoption massive de ces équipements énergivores ne vienne nuire à la lutte contre le changement climatique.
Les chiffres sont implacables. Selon les données officielles, le déficit commercial de l'Union européenne avec la Chine a progressé de 15 % pour atteindre 360 milliards d'euros l'année dernière. Les vingt-sept États membres affichent tous un solde négatif. Ce déficit a continué de se creuser pour atteindre 98 milliards d'euros au premier trimestre, le niveau le plus élevé depuis l'année 2022. Les équipements électriques et les machines figurent parmi les produits les plus importés.
D'après Gabriel Wildau, directeur général au sein du cabinet de conseil Teneo, le sentiment d'urgence face à la menace chinoise sur l'industrie européenne a atteint un point de rupture. L'expert souligne également que les dirigeants chinois manifestent peu de désir d'apaiser l'Europe. Selon lui, aucun signe ne montre une action politique assez forte pour réduire de manière significative l'excédent commercial chinois avec le vieux continent.